En bref
Le maillage interne, ce sont les liens qui relient les pages d’un même site : le menu, le fil d’Ariane, les liens placés dans le texte. Google les suit pour découvrir les pages, lit leur texte pour comprendre de quoi parle la page d’arrivée, et s’en sert pour juger de leur place ; le visiteur, lui, y trouve la suite de son chemin. Un bon maillage ressemble à un plan de métro : des lignes par thème, des stations principales où tout se croise (les pages piliers), des correspondances entre les lignes et des noms de station clairs. Il s’audite avec Search Console et un robot d’exploration : combien de liens mènent à chaque page importante, depuis où, avec quels mots, et à combien de clics de l’accueil.
Un site ressemble à un réseau de métro : des stations, des lignes, des correspondances, et un plan pour s’y retrouver. Voici à quoi servent les liens entre vos pages, pour vos visiteurs et pour Google, comment dessiner le réseau autour des pages piliers, et comment l’auditer.
Chaque page d’un site est reliée à d’autres : par le menu, le pied de page, le fil d’Ariane, les liens placés dans le texte. Ensemble, ces liens forment un réseau. Sur beaucoup de sites, il se dessine au hasard des pages ajoutées ; sur les meilleurs, il suit un plan.
Le plan de métro est l’image la plus parlante que nous connaissions pour l’expliquer. Suivons-la, avec le site d’un artisan qui rénove salles de bain et cuisines.
- Les stations principales : les pages piliers
- Les lignes : un thème par ligne
- Les correspondances : les liens d’un thème à l’autre
- Le nom des stations : le texte des liens
- Les cercles : le nombre de clics depuis l’accueil
- La station isolée : une page orpheline
À quoi servent les liens entre les pages
Au visiteur, d’abord. Google le dépose souvent au milieu du site. De là, les liens lui montrent la suite : le service voisin, le guide qui répond à sa question, la page de contact. Un billet de Google de 2008, qu’il tient toujours pour valable, le demandait déjà : où qu’il arrive, le visiteur rejoint facilement l’accueil et le reste du site.
À Google, ensuite, pour trois raisons. Il trouve les pages en suivant les liens : la grande majorité des pages nouvelles qu’il découvre lui arrivent ainsi, par exemple depuis une page de catégorie qui annonce un nouvel article. Il comprend de quoi elles parlent, grâce au texte des liens. Il juge enfin de leur place : Google analyse la façon dont les pages se lient entre elles, et PageRank, l’un de ses systèmes de classement d’origine, fait toujours partie de ses systèmes principaux.
Nous en tirons une règle simple : les pages qui comptent pour l’entreprise reçoivent le plus de liens, depuis les pages les plus fréquentées.
« Le fichier sitemap suffit : Google y trouve toutes nos pages. »
Le fichier sitemap aide Google à découvrir des adresses, surtout sur un grand site ou un site récent. Google précise qu’il garde le choix d’explorer et d’indexer ce que le fichier contient, et qu’un site bien relié se découvre presque entier par ses liens. Le sitemap complète le maillage ; les liens restent la voie principale, et la seule que suit le visiteur.
Pour Google, un lien est une balise a avec une adresse dans son attribut href. Les liens ajoutés par JavaScript comptent aussi, s’ils gardent ce balisage. Un clic programmé sur un bouton ou un bout de texte, sans adresse, se lit mal.
<!-- Un lien que Google suit : une balise a, avec son adresse -->
<a href="/salle-de-bain/douche-italienne/">nos douches à l’italienne</a>
<!-- Un lien que Google lit mal : un clic en JavaScript, sans adresse -->
<span onclick="ouvrir('douche-italienne')">nos douches à l’italienne</span> Le plan de métro, station par station
Le parallèle tient presque terme à terme.
| Dans le métro | Sur le site | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Une station | Une page | Elle accueille des voyageurs si une ligne y passe. |
| Une ligne | Un thème : un service, une gamme, une série de guides | Les pages d’un même thème se suivent et se citent. |
| Une station principale, où les lignes se croisent | Une page pilier | Elle reçoit le plus de liens, et mène aux pages détaillées. |
| Une correspondance | Un lien d’un thème à l’autre | Le visiteur change de ligne quand sa question l’y conduit. |
| Le nom de la station, sur le panneau | Le texte du lien | Il annonce la destination avant le départ. |
| Le nombre d’arrêts depuis le centre | La profondeur : le nombre de clics depuis l’accueil | Les pages qui comptent restent près du centre. |
| Le plan affiché sur le quai | Le menu et le fil d’Ariane | Le visiteur sait où il est, et comment revenir. |
| Une station sans couloir d’accès | Une page orpheline | Elle attend des voyageurs qui connaissent déjà son adresse. |
Le fil d’Ariane, en haut de page, joue le rôle du plan affiché sur le quai : « Accueil › Salle de bain › Douche à l’italienne ». Google recommande qu’il suive le chemin d’un visiteur type, plutôt que le découpage des adresses, et peut le montrer dans ses résultats sur ordinateur grâce aux données structurées BreadcrumbList.
Les stations principales, ou les pages piliers
Une page pilier couvre un sujet large et mène vers les pages qui le détaillent. Sur le site de notre artisan, « Rénovation de salle de bain » est une page pilier ; « Douche à l’italienne », « Baignoire » et « Salle de bain adaptée » en sont les stations. Sur une boutique, les catégories jouent ce rôle pour leurs fiches produits.
Comme une grande station, la page pilier se trouve près du centre, à un clic de l’accueil, souvent dans le menu. Elle renvoie vers chacune de ses pages détaillées, et chacune la cite en retour : les liens se concentrent sur elle, et le visiteur garde une station connue à portée de main.
Nous choisissons les pages piliers avec l’entreprise : les pages de ses services ou de ses gammes principales, celles qui doivent apporter des demandes et des ventes. Avec la technique, c’est souvent le premier chantier d’une mission, comme le décrit notre page agence SEO.
Les lignes et leurs correspondances
Une ligne relie les pages d’un même thème, dans l’ordre où le visiteur se pose ses questions : la douche, puis le carrelage, puis l’entretien. Chaque page cite ses voisines de ligne, et la page pilier de son thème.
Les correspondances relient deux lignes quand la question du visiteur l’y conduit : le guide « Choisir son carrelage » mène à la page des douches à l’italienne, où le lecteur décide. Les plus utiles vont des guides, qui attirent les curieux, vers les pages de service, qui reçoivent les demandes.
On entend parler de silos ou de cocon sémantique pour décrire un maillage rangé par thèmes. L’idée des lignes est la bonne ; leur fermeture l’est beaucoup moins. Google jugeait dès 2008 ce cloisonnement sans bénéfice constaté pour les sites, et rappelait qu’une partie du site difficile à rejoindre pour le visiteur peut l’être aussi pour les moteurs. Nous gardons les lignes, et nous ouvrons les correspondances.
Le nom des stations, ou le texte des liens
Sur le quai, le voyageur lit le nom de la station avant de monter. Sur une page, il lit le texte du lien, que l’on appelle aussi l’ancre. Google en tire un indice sur la page d’arrivée, et décrit le bon texte de lien en trois qualités : descriptif, plutôt court, en rapport avec les deux pages. Son test est simple : lu seul, hors de sa phrase, le lien dit où il mène.
Nous posons aussi des douches à l’italienne. Pour en savoir plus, cliquez ici.
Le lien porte sur « cliquez ici » : lu seul, il tait sa destination.Nous posons aussi des douches à l’italienne, de plain-pied, avec une paroi fixe ou ouverte.
Le lien porte sur « douches à l’italienne » : lu seul, il annonce sa destination. Exemple écrit pour cet article.Nous varions les textes de lien comme le ferait un rédacteur, avec les mots du lecteur, et quelques mots de contexte autour. Google demande de résister à l’envie d’y entasser des mots-clés. Pour une image qui sert de lien, il prend son texte alternatif comme texte du lien.
La profondeur, ou le nombre d’arrêts
La profondeur d’une page, c’est le nombre de clics qu’il faut pour l’atteindre depuis l’accueil. Sur le plan, ce sont les cercles autour du centre. Google le conseillait dans son billet de 2008 : garder les pages importantes à quelques clics de l’accueil, faciles à trouver pour son robot.
« Toute page doit se trouver à trois clics de l’accueil, au plus. »
Google parle de quelques clics, et laisse le nombre libre. La règle des trois clics circule depuis longtemps chez les concepteurs de sites : un repère, utile surtout pour les pages qui vous rapportent. Elles gagnent à rester près du centre ; une archive ancienne peut s’en éloigner.
Sur une boutique, la profondeur se creuse vite. Prenons un exemple : une catégorie de trois cents produits, découpée en pages de vingt, place ses derniers produits au quinzième arrêt de sa pagination. Des sous-catégories, des liens depuis les guides et une sélection de produits mis en avant sur la catégorie les ramènent vers le centre. Notre note sur les fiches produits parle de ce qu’elles doivent montrer une fois atteintes.
Les stations sans couloir, ou les pages orphelines
Une page orpheline est une page que les liens du site laissent de côté : on l’atteint seulement par son adresse, depuis le fichier sitemap, une ancienne campagne ou un lien venu d’ailleurs. Google demande l’inverse : chaque page qui compte reçoit au moins un lien d’une autre page du site.
une page sans lien,
c’est une station sans couloir
Les orphelines naissent de la vie du site : une page de promotion retirée du menu, un produit sorti de sa catégorie, une page créée par une extension puis oubliée, une ancienne version restée en ligne après une refonte.
Pour chacune, une question décide : la page sert-elle encore ? Si elle sert, nous la rattachons à sa ligne. Si elle a fait son temps, nous la retirons, avec une redirection vers la page la plus proche quand elle reçoit encore des visites ou des liens. Notre note sur les redirections 301 détaille cette partie.
Auditer son maillage interne
Un audit du maillage répond à quatre questions, page par page : combien de liens y mènent, depuis où, avec quels mots, à combien de clics de l’accueil. Deux outils suffisent pour commencer.
- Liens
- Liens internes
- PLUS
Un robot d’exploration, Screaming Frog par exemple, parcourt ensuite le site de lien en lien depuis l’accueil, comme Google. Pour chaque page, il donne sa profondeur, le nombre de liens qui y mènent et leurs textes. Dans sa version payante, il lit aussi le sitemap et les pages vues dans Search Console ou dans les statistiques de visites : il repère alors les orphelines, ces adresses connues que son parcours a laissées de côté.
Notre ordre, d’un audit à l’autre :
- Lister les stations principalesLes pages qui portent l’activité : services, gammes, pages qui reçoivent les demandes.
- Relever les liens dans Search ConsoleUne page clé loin dans le classement des liens internes est un premier signal.
- Explorer le site avec un robotProfondeur, liens entrants, textes des liens, liens qui aboutissent à une erreur ou à une redirection.
- Chercher les orphelinesLes adresses connues par ailleurs, comparées à celles que le robot a trouvées.
- Corriger dans l’ordreD’abord les pages clés trop loin du centre ou orphelines, reliées depuis leur page pilier. Puis les liens vers des erreurs ou des redirections, pointés vers l’adresse finale, comme Google le demande. Enfin, les textes de lien vagues.
- Noter la date, et mesurerDans le rapport Performances de Search Console, page par page, sur des périodes de même durée.
Notre note sur le suivi de positionnement donne la méthode pour lire ces chiffres. Et pour ce que chaque page doit montrer une fois atteinte, notre note SEO on page : ce que Google regarde sur une page prend le relais.
Ce que nous écartons
Certaines recettes de maillage circulent encore. Nous les laissons de côté, et nous disons pourquoi.
Aligner en pied de page des dizaines de liens vers des villes ou des mots-clés.
Parce que le visiteur les ignore, et que Google cite les blocs de noms de villes parmi les exemples de bourrage de mots-clés.
Mettre des liens internes en nofollow pour « sculpter » le PageRank.
Parce que Google jugeait dès 2008 ce temps mieux employé à écrire des contenus utiles.
Placer le même texte de lien, mot-clé exact, sur des centaines de liens.
Parce que le texte de lien sert à annoncer la page, et que Google demande de résister à l’envie d’y entasser des mots-clés.
Questions fréquentes
Combien de liens internes faut-il par page ?
Google laisse ce nombre libre, avec un conseil de bon sens : si cela paraît trop, c’est sans doute trop. Nous partons du lecteur. Chaque lien répond à une question que la page fait naître, et la page pilier du thème reste à un clic.
Les liens du menu et du pied de page comptent-ils ?
Oui : Google les suit comme les autres, s’ils gardent la forme d’une balise a avec son adresse. Ils dessinent les grandes lignes du réseau ; les liens placés dans le texte, entourés de leur contexte, disent pourquoi aller plus loin.
Quelle différence entre maillage interne et netlinking ?
Le maillage interne relie vos pages entre elles. Le netlinking désigne les liens venus d’autres sites vers le vôtre, les backlinks. Les seconds font connaître le site au-dehors ; le premier mène visiteurs et robots vers les pages qui comptent. Notre page agence SEO présente les deux.
Sources et méthode
Ce qui décrit le fonctionnement de Google et de Search Console vient de leur documentation publique et de leur blog, cités ci-dessous ; ce qui décrit le robot d’exploration vient de la documentation de son éditeur. Le plan de métro est notre image ; ce qui est écrit en « nous » vient de notre pratique. L’artisan, ses pages et le calcul de la pagination sont des exemples écrits pour cet article.
- Les bonnes pratiques pour les liensGoogle Search Central, documentation
- Le guide de démarrage du référencementGoogle Search Central, documentation
- Fonctionnement de la recherche GoogleGoogle Search Central, documentation
- Le guide des systèmes de classement de GoogleGoogle Search Central, documentation
- Présentation des sitemapsGoogle Search Central, documentation
- Le fil d’Ariane et ses données structuréesGoogle Search Central, documentation
- Les adresses en double et l’URL canoniqueGoogle Search Central, documentation
- Les règles de Google contre le spamGoogle Search Central, documentation
- Importance of link architecture, Maile Ohye, 7 octobre 2008Google Search Central, blog
- Le rapport LiensAide de Search Console
- Trouver les pages orphelines, tutoriel mis à jour le 15 mars 2024Screaming Frog, documentation
- Les onglets du SEO Spider : profondeur et liens entrantsScreaming Frog, documentation